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Lettre de RoyerModifier

Trouvée déchirée et chiffonnée dans la corbeille du général.

Antoine,

Un jour viendra sûrement où des gens te diront qui était ton père, et ce qu'il a fait. Ce ne sera pas l'entière vérité, bien sûr, car dans le meilleur des cas l'entière vérité sera confinée dans un dossier tamponné "secret défense" que personne ne lira jamais.

Mais cela ne signifie pas que ce qu'ils te diront sera faux.

J'aimerais pouvoir tout t'expliquer, mon fils. J'aimerais que le jour où tu seras assez grand pour comprendre, je serais encore en vie pour tout te dire en face, d'homme à homme. Mais je sais que, même si je vivais pour voir ce jour, il n'existe aucun mot qui pourrait rendre acceptable ce que j'ai fait.

Sache seulement ceci : tout ce que j'ai fait, je l'ai fait avec les meilleures intentions, et parce que je croyais qu'il s'agissait-là de mon devoir.

Je t'aimerai toujours,

ton père

Compte-rendu médical #1 Modifier

C'est un problème tout à fait unique auquel le général m'a attelé. On l'appelle simplement le "pathogène". Tout ce que l'on sait à son sujet, c'est qu'il est très infectieux, et très dangereux.

Ça ne ressemble à aucune maladie connue. Initialement, la fièvre et les suées m'ont mené à croire que c'était simplement du paludisme, mais ça progresse bien trop rapidement. Et les symptômes subséquents n'ont rien à voir.

Douleurs nerveuses, hémorragies internes, délire, hallucinations, accès de colère, photophobie, glossolalie...

L'incubation prend entre quatre et quarante-huit heures.

Outre mes instructions, j'ai reçu un ordre absolu du général : sitôt que les patients sous ma responsabilité en arrive au stade de la glossolalie, ils doivent être euthanasié. Je suis loin d'approuver, mais étant donné que mes provisions en analgésiques sont limitées et que la douleur devient inévitablement insurmontable, je puis comprendre. J'ai obtenu, cependant, avec l'accord du général, que ce soient les soldats chargés de protéger ma clinique qui se chargent de les terminer.

Compte-rendu médical #2 Modifier

Je ne parviens pas à faire le moindre sens du pathogène, malgré tous les tests que je lui balance.

Ce n'est pas une bactérie. Ce n'est pas un virus. Ce n'est pas un parasite. Ce n'est pas une allergie. Ce n'est pas une maladie auto-immune. Ce n'est pas l'expression aberrante d'un gène. Mais qu'est-ce que c'est, alors ?

Tout cela est tellement frustrant. Mes quatre premiers patients ont dû être terminés. Je n'ai même pas pu ralentir la progression de leur maladie, ni diminuer leur fièvre, ni même soulager leur douleur. Je n'ai pu que les regarder être progressivement dévorés par ce mal, avant d'être abattus par les hommes du général.

La tentation est forte de baisser les bras, mais je ne le ferais pas. Tous ces gens comptent sur ma réussite. Et je n'ose imaginer ce qui se passerait si, comme le craint le général, le pathogène parvient à s'échapper du Croissant d'Or.